Pour toi, qui m'as fait avaler que libre rimait avec vide
Dans la solitude, tu t'asseyais à ma table
Déjà complètement leurrée par tes airs affables
Nous savions toutes les deux que j'irais te chercher
Seras-tu assez fidèle pour me tuer?
Je comptais sur toi à la moindre fissure
Puisque sans broncher, tu lavais mon chagrin
Sur ma vie, j'apposais un collant d'autocensure
Mais la réalité était ponctuelle, dès le lendemain
Compagne de fugue jusqu'à la dernière goutte
Promesse d'un contrat éphémère, coûte que coûte
De belles paroles remplies de fautes de frappe
Et je continuais de m'enfoncer, tel un automate
J'ai chloroformé mon regard cerné, ma tête qui souffre
Ton étiquette anodine m'a traînée jusqu'au fond du gouffre
Victime de ma propre définition du mot « liberté »
J'ai tout laissé s'envoler, pour te laisser me la simuler
Pourquoi se donner tant de peine ?
Si les sourires se vendent à la douzaine
La vie est bien plus belle, un rideau jeté sur les yeux
Il ne suffit que d'une poignée de sous pour dire : Adieu!
Bêtement séduite par le chemin facile
J'ai cru expédier mon calvaire en exil
Il ne me reste qu'un seul souvenir de la veille :
Je crois que j'ai voyagé à bord d'une bouteille
